L' Armistice du 11 novembre 1918

 

Lorsque fut décrété l'ordre de mobilisation générale, en pleine moisson, le 2 Août 1914, des centaines de milliers de Français furent appelés à prendre les armes afin de défendre le territoire national. Dans leur immense majorité, ces hommes vivaient du travail de la terre.

 

Défendre une terre que l'on savait nourricière, au gré des intempéries et malgré la dureté du labeur, était dans la nature même d'un peuple paysan- au sens noble du terme- qui venait à peine de découvrir le cheval-vapeur. Héritiers d'une longue tradition rurale, ils ne s'imaginaient pas, pour les plus chanceux d'entre eux, qu'ils ne moissonneraient plus leurs champs, qu'ils ne vendangeraient plus leurs vignes avant 1919 , et pour certains de retour d'Orient, pas avant 1920 !

 

Dès l'échec de leur contre-offensive de juillet 1918,  les Allemands ont compris qu'ils n'avaient plus aucun espoir d'arracher la victoire.

Fin septembre 1918, dans son quatier général à Spa, le Chef des armées allemandes, ErichLudendorff, a un entretien dramatique avec l'empereur Guillaume II: la situation militaire étant désespérée, la demande d' un armistice est devenue inévitable.

C'est à Matthias Erzberger, Secrétaire d'Etat impérial, que revient la pénible tâche de négocier l'armistice.

 

En France, la demande d'un armistice fait débat. Le Président de la République Raymond Poincaré et le Général Pétain voudraient profiter de l'avantage militaire pour chasser les Allemands de France et de Belgique, envahir l'Allemagne et signifier à celle-ci l'étendue de sa défaite.
Mais le généralissime des troupes alliées, Ferdinand Foch et le chef du gouvernement, Georges Clémenceau ne croient pas l'armée française capable de se battre encore longtemps.

 

En Octobre 1918, le Maréchal Foch, commandant en chef des armées alliées, fut chargé de signifier aux plénipotentiaires allemands de se présenter aux avant-postes français sur la route de Chimay à  La Capelle-en Thiérache (Aisne). Le commandant de Bourbon-Busset  accueillit la délégation allemande le 7 novembre en soirée.( le général Von Winterfeld, le Comte Oberndorff, le Capitaine de Vaisseau Vanselow, plusieurs officiers d'Etat-Major, deux experts financiers et le Secrétaire d'Etat Erzberger).

 

Le Maréchal Foch souhaita un lieu discret pour recevoir les Allemands.De la gare de Rethondes partait en forêt de Compiègne, sur quelques centaines de mètres, une double voie de chemin de fer alimentant un épi de tir pour l'artillerie appelé « épi de tir de Rethondes » Ce lieu, qui devint « La Clairière de Rethondes »,fut choisi par l'Etat Major du Maréchal.

 

Dans son train de commandement, le Maréchal Foch,accompagné de la délégation française ( Amiral WemyssGénéral Weygand et plusieurs Officiers d'Etat-Major) , arriva le 7 novembre à la Clairière de Rethondes

Le 8 novembre à 3 heures 45 du matin, la délégation allemande est conduite en gare de Tergnier.Un train, spécialement aménagé à son intention, quitta aussitôt Tergnier pour l'épi de tir de Rethondes.

A 9 heures, la délégation allemande est reçue par le Maréchal Foch qui , après lui avoir fait lire les conditions d'un armistice , demande une réponse pour le 11 novembre avant 11 heures du matin.

 

Aucune marge de négociation n'est laissée à la délégation allemande. Elle se voit imposer la livraison de:
5000 canons
25000 mitrailleuses
1700 avions
la flotte de guerre et les sous-marins;
L'armée allemande est sommée d'évacuer sous quinze jours les territoires envahis ainsi que l'Alsace-Lorraine.

 

 

Dans l'après-midi du 10 novembre, le Maréchal Foch, dans l'attente de la décision des autorités allemandes, se rendit, accompagné par le Général Weygand , à  Rethondes pour se recueillir dans la petite Eglise du village.

 

Le 11 novembre, à 5 heures, l'Armistice est signé au Carrefour de Rethondes,au milieu de la forêt de Compiègne.

 

Le 11 novembre à 11 heures, le son du clairon retentissait sur tous les points du front
«La onzième heure, le onzième jour du onzième mois de l'année 1918 » les cloches du village de Rethondes annonçaient au monde entier la fin des hostilités. Rethondes s'inscrivait à tout jamais dans l'itinéraire de la Paix et dans la Mémoire Mondiale.

 

Situer la grande Guerre dans l'Histoire était déjà une préoccupation de celles et de ceux qui l'avaient vécue. Justifier ou simplement expliquer le sens de ces quatre ans et demi de luttes sanglantes fut une priorité avant même que les traités de paix ne viennent apporter leurs jugements contestés.

 

.Au-delà de ses retombées politiques, la guerre elle-même, avec sa violence inouïe, fut au coeur des préoccupations contemporaines. La conviction que la guerre avait été une époque historique restait une conviction répandue parmi les millions de soldats qui rentraient dans leurs foyers La guerre avait été vécue comme une rupture temporelle qu'il fallait résorber.

 

Histoire et mémoire constituèrent deux dimensions de ce processus.Les familles endeuillées ressentaient la nécessité de rétablir le fil de leur histoire personnelle à travers celui de la guerre. Le flot de mémoires, de carnets ou de lettres publiés après la guerre sont la trace écrite d'un réflexe plus général qui a marqué la culture orale et familiale. A l'échelle locale ou nationale, la commémoration se doublait du besoin d'établir des narrations du conflit.

 

Avec la lente disparition des vétérans, naquit une nouvelle vague d'intérêt pour la « mémoire » du conflit et, surtout, pour le sort des ses combattants. Cet intérêt fut nourri par les affinités que la jeune génération manifesta pour celle de ses grands-parents, voire de ses arrière-grands-parents

Mémoireintérêt que nous devons tous, chaque 11 novembre, dans tous les villages, devant chaque monument aux morts, se rappeler pour ne pas oublier.

                                                                       D.G.    Septembre 2008

                                                                       D'après l'encyclopédie de la Grande Guerre

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